ALS Diderot to Voltaire


 

DIDEROT (Denis) (1713-1784)


A.L.S. to Voltaire (1694-1778). Paris, june 19, 1776. 1p. in-4°.

« Monsieur,
On croit que vous m’aimez et que vous m’estimez ; on croit qu’un petit mot de ma main est une très bonne recommandation auprès de vous. Je ne détrompe personne et ne refuse ce petit mot qu’à ceux que je ne crois pas digne de vous entretenir. Monsieur De Limon n’est pas de ceux-cy. Je ne vous dirai pas qu’il est Intendant dela maison de Monsieur [the Duke of Orleans] ; qu’est-ce que cela vous fait ? Mais bien qu’il jouit de toute la confiance et de toute la faveur du prince et qu’il la mérite. J’ajouterai qu’il est le bienfaiteur et le protecteur de mes enfants, et qu’eux et moi nous lui avons toute sortes d’obligations. L’accueil que vous ferez à Monsieur de Limon acquittera une partie de la dette que nous avons contractée avec lui. Vous ne tarderez pas a vous apercevoir que c’est un homme de beaucoup de mérite. C’est une véritable perle pour les lettres qu’il a cultivées avec succès, que les circonstances l’auront détourné d’une carrière dans laquelle il se serait illustré et prétend que passer à Fernex [Ferney], sans vous avoir vu, ce serait passer à Delphes, sans entrer dans le temple d’apollon ; et il a raison. Bonjour, Monsieur et très honoré patriarche. J’ai fait un terrible voyage depuis que nous m’avez entendu parler de moi. Combien j’ai causé de vous avec une grande souveraine et quel plaisir elle avait à m’entendre [Diderot went on a trip to Russia alongside the Empress  Catherine II from May 1773 to October 1774].

Je suis toujours avec la même admiration et le même respect,
Vostre très humble et très obéissant serviteur ».

This letter is published in Diderot's correspondence, edited by Laurent Versini.

 
Faulkner ALS Contract


 

FAULKNER (William) (1897-1962)

Contract signed by William Faulkner, Los Angeles, august 16, 1943. 1p. in-folio

Contract signed between William Faulkner and The Warner Bros, for the original script titled « De Gaulle Story » and / or « Free French » based on the life of the général and the history of the French resistance. The film will never be shot.

 


 
Choderlos de Laclos ALS


 

LACLOS (Pierre Choderlos de) (1741-1803)

A.L.S. Paris, jully 16, 1781. 1p. in-4°.

Rare letter, a year before the publication of his book Les Liaisons dangereuses.

« …J’adresse à M. de la Millière le Mémoire dont j’ay l’honneur de vous envoyer un duplicata vous priant très justement de vouloir bien l’ayder de votre bon office… »

"... I address to Mr. de la Millière the memoir of which I have the honor to send you a duplicate, praying you very justly to help him in your good office ..."
 

 


 
Jacques Prévert Poem


 

PRÉVERT (Jacques) (1900-1977)

Beautiful autograph poem entitled « Âne dormant » (Sleeping donkey), with erasures and corrections. (n.p.n.d.) 1p.½ in-folio.

« C’est un âne qui dort
Enfants regardez le dormir
Ne le réveillez pas
Ne lui faites pas de blagues…
Il rêve peut être qu’il est oiseau
Et qu’il vole
Ou peut être il rêve autre chose
Par exemple qu’il est à l’école des garçons… »
 
Rousseau AL


 

ROUSSEAU (Jean-Jacques) ( 1712-1778)

A.L. to Sidoine Charles François Séguier marquis de Saint-Brisson. Motiers, february 3, 1765. 2p1/2 in-4°. Address and postmark.

Amazing letter.
After the publication of his pedagogical novel Emile ou De l’éducation, Rousseau condemend by parliament leaves France and find refuge at "Môtiers-Travers" in Switzerland, on the lands of Frederick II. As a result of a new publication Les Lettres écrites de la Montagne, in response to Lettres écrites de la campagne by the procureur général de Genève Tronchin, one more time Rousseau is at the heart of the scandal. This book is burned in Paris, in La Haye, banned in Berne.
It is a Rousseau wounded, bitter, who answers to the young Séguier de Saint-Brisson wishing to write : «… je ne vous dirai jamais assez avec quelle douleur je vous vois entrer dans une carrière couverte de fleurs et semée d’abysmes, où l’on ne peut éviter de se corrompre ou de se perdre, … le métier d’Auteur n’est bon que pour qui veut servir les passions des gens qui mènent les autres, mais pour qui veut sincèrement le bien de l’humanité, c’est un métier funeste. » Rousseau recommends to Seguier « …faites du bien, … mais non pas des Livres, loin de corriger les méchants, ils ne font que les aigrir. » and finds « Le meilleur Livre fait très peu de bien aux hommes et beaucoup de mal à son Auteur ». Then he mentioned his situation : « Comment pouvez-vous croire que je veuille passez en Corse, sachant que les Troupes françaises y sont? [at the request of the Captain of the Royal Corsican Regiment, Matthieu Buttafoco Rousseau drafts a draft constitution for Corsica] Jugez- vous que je n’aye pas assez de mes malheurs, sans en aller chercher d’autres? Non, Monsieur dans l’accablement où je suis, j’ai besoin de reprendre haleine, j’ai besoin d’aller plus loin de Genève… j’ignore encore de quel côté j’irai; il ne m’en reste plus guéres à choisir. Je voudrais chemin faisant me chercher quelque retraite fixe où l’on eut l’humanité de me recevoir et de me laisser mourir en paix. Mais où la trouver parmi les Chrétiens? La Turquie  est trop loin d’ici ».
He complains, suffers « L’étourdissement où me jettent des agitations sans relâche m’a rendu stupide; ma tête est en létargie, mon cœur même est mort. Je ne sens ni ne pense plus ». He tries to dissuade Saint Brisson from accompanying him in his escape « … Je sens le mauvais effet que ce voyage ici sera pour vous même. Vous n’êtes déjà pas trop bien auprès des dévots… ». He concludes on the work of Saint-Brisson . « …Je suis très fâché que vous m’ayez nommé à la tête de vôtre Ariste. Ne faites plus pareille sottise, ou je me brouille avec vous tout de bon… Je vous embrasse de tout mon cœur. »


 
Toulouse-Lautrec ALS